2026-10-16 · 6 min de lecture
Guide
Parcours entrepreneur Kamile Loko : de Lokossa à BENILAB
Mon parcours entrepreneurial, de Lokossa à BENILAB, n'est pas une ligne droite : une agence web créée en 2009, des années financièrement et personnellement difficiles entre 2014 et 2017, un nouveau départ en 2018, puis un écosystème construit depuis le Mono. Cet article revient sur les décisions qui ont compté et sur les erreurs, sans en faire une légende.
Je précise une règle de départ. Je ne raconte ici que ce qui est déjà public sur la page Mon histoire et dans le livre. Je ne donne ni chiffre d'affaires ni nombre de clients, parce que je ne veux pas en inventer ni les arrondir à mon avantage. Si un détail manque, c'est volontaire.
En bref
- Un point de départ modeste : Cotonou en 1981, Lokossa dès 1994, un diplôme de technicien supérieur en informatique de gestion à l'ENEAM en 2004.
- Une première entreprise en 2009 : KLCNET MEDIAS, une agence web.
- Une école de responsabilité : informaticien d'agence dans une institution de microfinance, dix bureaux, de 2011 à 2013.
- Des années difficiles de 2014 à 2017 : une vision sincère ne suffit pas à faire tourner une entreprise.
- Un nouveau départ en 2018, puis BENILAB : un écosystème plutôt qu'une seule entreprise.
D'où part-on, quand on grandit à Lokossa ?
Je suis né à Cotonou en 1981. En 1994, l'affectation de mon père a fait basculer la famille vers Lokossa, dans le Mono. Ce territoire est devenu mon ancrage, et j'ai fait le choix d'y construire plutôt que de partir.
En 2004, j'ai obtenu à l'ENEAM un diplôme de Technicien Supérieur en Informatique de Gestion, avec une bourse. Ce diplôme est le socle technique de tout ce qui a suivi. Il ne m'a pas appris à gérer une entreprise : c'est un point qui compte pour la suite.
Quelles décisions ont vraiment compté ?
Voici les décisions que je considère comme structurantes, avec ce qu'elles ont coûté ou rapporté, dans la mesure où je peux le dire sans inventer.
| Moment | Décision | Ce que j'en retiens |
|---|---|---|
| 2004 | Se former au numérique et à la gestion | Un socle technique, mais pas commercial |
| 2009 | Créer KLCNET MEDIAS, une agence web | Première confrontation directe au marché |
| 2011-2013 | Travailler comme informaticien d'agence dans la microfinance (dix bureaux) | Une école de responsabilité à grande échelle |
| 2014-2017 | Traverser, puis comprendre, des années difficiles | La sincérité d'une vision ne remplace pas un modèle qui tourne |
| 2018 | Reconstruire, personnellement et professionnellement, de front | Un nouveau départ ne se fait pas seul |
| Ensuite | Bâtir BENILAB comme un écosystème | Former et accompagner plutôt que rester isolé |
Deux choix méritent un mot. Le premier est celui de rester à Lokossa. Cotonou aurait été le choix le plus évident pour quelqu'un qui veut évoluer dans le numérique, et je l'ai expliqué dans pourquoi je construis depuis Lokossa. Ce n'était pas un manque d'ambition, mais une conviction : construire localement, penser globalement. Je ne prétends pas que c'était la décision la plus rentable à court terme. Je dis seulement que je l'ai prise en connaissance de cause.
Le second est le passage par la microfinance. Être informaticien d'agence pour dix bureaux est une école de responsabilité à grande échelle : d'autres comptent sur un système qui doit fonctionner.
Quelles erreurs et quelles années difficiles ?
C'est la partie que les récits de réussite omettent, alors je la mets au même niveau que le reste.
Entre 2014 et 2017, j'ai traversé une période éprouvante, sur le plan financier et sur le plan personnel. Ce que je peux dire avec certitude, c'est ce que j'en ai compris : une vision sincère ne suffit plus à faire tourner une entreprise. Je développe ce point dans ce qu'on ne vous dit pas avant d'entreprendre en Afrique. Je ne détaille pas ici les montants ni le calendrier précis de cette période. Le livre en raconte davantage, et je préfère renvoyer vers lui plutôt que d'écrire de mémoire des chiffres que je ne publierais pas avec une source.
Voici les erreurs que cette période illustre, formulées sans m'abriter derrière des généralités :
- Confondre conviction et modèle économique. Croire que le numérique avait sa place à Lokossa était juste. Cela ne disait rien de qui paierait, combien, et à quel rythme.
- Rester seul face aux difficultés. Le discours public valorise rarement le passage à vide, et beaucoup de dirigeants le traversent isolés en pensant que c'est un signe d'incompétence.
- Attendre que la volonté suffise. La motivation aide à démarrer, pas à tenir quand la trésorerie manque.
Ces erreurs ne sont pas exceptionnelles. C'est justement pour cela que je les écris : elles ressemblent à celles que décrivent beaucoup d'entrepreneurs, comme dans le cas de la première année en freelance.
Comment le nouveau départ de 2018 s'est-il construit ?
En 2018, une rencontre avec Islamiath a ouvert une reconstruction personnelle et professionnelle menée de front. Je ne vais pas en faire une méthode : ce n'est pas un pivot stratégique brillant, c'est un nouveau départ qui est venu en grande partie d'un soutien personnel. Je le dis ainsi parce que beaucoup de conseils entrepreneuriaux présentent le rebond comme une affaire de technique, alors que le contexte humain pèse lourd.
Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de leçon pratique. Si vous traversez une période difficile, voici trois questions simples à vous poser (ce sont des conseils, pas un récit de ce que j'ai fait à l'époque) :
- Qu'est-ce qui tourne encore ? Une compétence, un client, un petit revenu : partez de là.
- Qu'est-ce qui coûte plus que ça ne rapporte ? Écrivez-le noir sur blanc.
- Qui peut me parler franchement ? Pas un flatteur, quelqu'un qui connaît vos chiffres.
Pourquoi BENILAB est un écosystème et pas une entreprise de plus ?
BENILAB n'est pas né d'un plan d'affaires écrit d'avance. Il est né du constat qu'un entrepreneur isolé reconstruit lentement, alors qu'un écosystème (formation, accompagnement, communauté) donne à d'autres une longueur d'avance que je n'ai pas eue. Il mêle entrepreneuriat, numérique, intelligence artificielle, formation et accompagnement, depuis Lokossa. La liste des programmes et leur état d'avancement figurent sur la page Écosystème.
Je ne présente pas BENILAB comme un succès accompli. La vision que je me suis donnée pour 2033 est celle d'un écosystème structuré, porté par des équipes, dont l'impact dépasse son lieu de naissance. C'est un objectif, pas un résultat. Je vous invite à le juger sur ce qui est en ligne aujourd'hui, pas sur la promesse.
Que retenir de ce parcours pour votre propre projet ?
Cette histoire n'est pas un modèle à copier. Elle sert surtout à trois choses :
- Séparer la conviction du modèle. Avoir raison sur le fond ne dit rien sur la façon dont l'activité va se financer. Testez le modèle comme vous testeriez une idée, par exemple avec la méthode pour valider une idée de business avec l'IA.
- Garder un filet de sécurité pendant que vous apprenez. C'est ce que permet un revenu stable, comme je le détaille pour le side business du salarié.
- Accepter que le chemin soit non linéaire. Les reprises, les corrections et les recommencements font partie du parcours, pas d'un écart par rapport à lui.
Et maintenant ?
Si ce récit vous parle, le livre Construire malgré tout le raconte en entier, les années difficiles comme les réussites. Si vous préférez regarder votre situation précise, avec des chiffres sur la table, la séance de coaching sert à cela.
Questions fréquentes
- Qui est Kamile Martial Loko ?
- Entrepreneur béninois né à Cotonou en 1981, installé à Lokossa depuis 1994, diplômé de l'ENEAM en informatique de gestion, fondateur de l'écosystème BENILAB et auteur du livre « Construire malgré tout ».
- Qu'est-ce que BENILAB ?
- BENILAB est un écosystème, pas seulement une entreprise : entrepreneuriat, numérique, intelligence artificielle, formation et accompagnement, depuis Lokossa. Les programmes en ligne sont présentés sur la page Écosystème du site.
- Quelle a été la première entreprise de Kamile Loko ?
- KLCNET MEDIAS, une agence web créée en 2009. Elle a été sa première confrontation directe au marché.
- Pourquoi avoir choisi Lokossa plutôt que Cotonou ?
- Par conviction qu'un territoire local peut être un point de départ légitime pour une ambition sans limite : construire localement, penser globalement.
- Où lire le récit complet de ce parcours ?
- Dans le livre « Construire malgré tout », qui raconte les années difficiles autant que les réussites, et sur la page Mon histoire du site.
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